MONDEPOLITIQUE

Crise électorale au Bénin : La Commission Afrique du Parti de gauche réagit

La situation relative à la crise électorale au Bénin a préoccupée la Commission Afrique du Parti de gauche. Dans une déclaration ci-dessous publiée, elle réagit.

Déclaration de la Commission Afrique du Parti de Gauche (Parti de Jean Luc MELENCHON)

Paris, le 19 mars 2019

BENIN : du Talon d’Achille au Talon de fer, une lente dérive vers la dictature

Ce qui se passe actuellement au Benin est grave et remet en cause l’image de démocratie que nous aimons avoir de ce pays. Comment est-il possible que tous les partis d’opposition soient écartés, par des mesures d’exclusion financières (il faut déposer 380000 euros de caution !) et par des mesures d’exclusion administrative (fourniture de certificats dont l’obtention dépend uniquement du bon ou mauvais vouloir de tel ou tel ministère !) des élections législatives du 28 avril prochain ? Seuls y participeront les deux partis qui soutiennent Talon ! Qui plus est, les deux partis dévots ont acheté en masse des cartes d’électeurs pour disposer à leur guise et bourrer les urnes. Telle est la «démocratie» à la mode Talon : censitaire et mafieuse. Car le but est bien de disposer d’une assemblée à sa botte afin de modifier le contenu de la Constitution à son profit.

Sous pression de la CEDEAO qui craint l’apparition d’un nouveau foyer de contestation dans la sous-région, Talon tente de manœuvrer en déclarant qu’il est partisan «d’élections conviviales» ! et en s’en prenant à l’un de ses affidés Adrien Houngbédji, président de l’Assemblée nationale. Mais ceci ne trompe personne sur la vraie nature du régime et la promesse de Talon de ne faire qu’un seul mandat était bien une promesse de gascon.

Ce Talon de fer réduit progressivement le pays en esclavage, se souvenant sans doute des pratiques de son aïeul : vassalisation du pouvoir judiciaire, soumission des partis politiques empêchés de faire des alliances et empêchés de fonctionner, exil de la plupart des responsables politiques en Europe, censure de la presse par la HAAC, restriction du droit de grève à dix jours par an non consécutifs, refonte du Code du travail avec suppression des CDI, menaces de suppression de leurs primes aux travailleurs des douanes, du port et des finances de façon à les empêcher de rejoindre dans la grève leurs collègues fonctionnaires justice, santé, éducation, fusion en un seul corps de répression de la police et la gendarmerie, et dernièrement interdiction des manifestations après la manifestation monstre du 11 mars autour du slogan «pas d’élections sans opposition».

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Mais ce Talon de fer est aussi un Talon d’Achille en tant que grand financier des deux présidences successives de Yayi Boni. Ce dernier en manière de remerciement lui a accordé entre autres prévôtés, le privilège du contrôle des importations du pays soit 400 milliards de FCFA par an. On citera aussi les rumeurs de partage entre eux d’une partie de l’argent libyen destiné à l’Afrique du Sud et transitant par Cotonou.

Lorsque Yayi Boni a fait mine de rester au pouvoir pour un troisième mandat contre l’avis de Talon, s’en est ensuivi une sinistre affaire de tentative d’empoisonnement de Yayi Boni, affaire finalement classée sans suite malgré les investigations approfondies d’un juge courageux au final exfiltré aux USA.

Talon ayant été élu président, a conservé le contrôle des douanes à travers sa société «Benin Control» pouvant ainsi décider ce qu’il reverse à l’Etat ; la confusion est totale entre intérêts privés et intérêt de l’Etat. Ceci n’est que l’exemple le plus flagrant d’une prédation généralisée de la part de celui qui est devenu le plus grand patron d’entreprise du pays, allant même jusqu’à annexer un important domaine de l’Etat jouxtant son domicile privé.

Celui qui instaure au Bénin un pouvoir dictatorial basé sur l’accaparement des leviers de pouvoir et des leviers économiques doit partir.

Le Parti de Gauche demande la libération immédiate du secrétaire à l’information du Parti Communiste du Bénin ( Laurent METONGNON ) embastillé sans raisons avec une condamnation de cinq ans.

Le Parti de Gauche dénonce le silence des autorités françaises face à ce déni de démocratie que connait actuellement le Bénin ainsi que les récentes livraisons de matériels de répression policière.

Le Parti de Gauche considère que penser renverser une telle autocratie à l’occasion des élections est une pure illusion et soutient les revendications du peuple béninois pour la mise en place d’Etats généraux et d’une période de transition afin de repenser les bases de la démocratie.

Pierre Boutry

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